Hurler. Oui, j’ai besoin de hurler ce que ma conscience retient depuis bien trop longtemps. La haine rend les mots bien trop difficiles à articuler, mais assez clairs pour les écrire puisqu’une émotion indescriptible est née en moi, plus forte que cette première. Je ne saurais la décrire autre qu’elle me ronge de l’intérieur, m’assomme de ses mots par le vice de leurs bouches empestées de mauvaises intentions et me déchire mes pensées, me laissant désarçonnée et sans autre pouvoir que de me mordre la lèvre, de résister à l’envie de pleurer, de m’effondrer.
Vous me direz ce que vous voudrez, que je suis faible et immorale ou peu m’importe, vous avez bien raison. L’être humain est étrange et il y en a de tous les types, mais deux s’en distinguent bien aisément. Il y a les forts – ceux qui détruisent et se nourrissent des plus faibles – et il y a les faibles – ma catégorie… ceux qui souffrent de la première classe. Hélas, on a bien trop souvent appuyer la première cause, prétendant avoir choisie la meilleure mais de nos jours, on fait semblant de soutenir la deuxième et malgré vous, on ne peut s’efforcer de se penser supérieur à ma catégorie. Oui, vous prétendez tous vous souciez de moi alors qu’en fait, vous n’êtes qu’une bande d’hypocrites possédant un venin encore plus mortel que le mien.
La trahison.
Vous n’attendez que le moment propice avant de me jeter dans les abîmes de l’enfer, me pousser à faire un saut final vers la falaise de la mort. Vous désirez tous me jeter à la gueule du loup afin de voir ma bouche psalmodier ses derniers mots, et ma conscience, à l’agonie, au trouble, à sa fin… Oh, que cette vision vous emplit d’ivresse et de tendresse! Rien qu’à s’imaginer la pauvre âme déconcertée et mon corps maigre couvert de sang, transpercés par d’énormes griffes animales, ne niez pas que cela ne vous fait pas irrémédiablement glapir de joie.
Bien sûr, pour ne paraître que bien, vous faites semblant que cela vous dégoûte… Mais ne vous inquiétez pas! Dites ce que votre conscience vous susurre réellement à l’oreille, car vous serez surpris de savoir que vous n’êtes pas le seul individu à songer à de telles idées morbides. Vous êtes tous les mêmes, désirant la meilleure conscience possible alors que vos valeurs sont celles des enfers, de Satan…
Seul ceux qui ont réellement pris conscience de leur vraie nature ont pu recevoir le courroux du jugement.
Bientôt, mes amis, je ne serais plus qu’une coquille vide, mais je deviendrais quelqu’un de bien plus puissant. Votre haine et vos différends à mon égard se muteront en admiration hypocrite, mais entière. Je vous rendrai la pareille par ma valeur favorite : la vengeance.
Après tout, ne suis-je pas humaine moi aussi?
Pour l’instant, je ne peux que savourer mon rêve en le couchant sur papier…
Date du 1er février 2005, d'ici, j'écris beaucoup, mais je suis une lâcheté lol